I comme… Inconnu

Lyon, le 1er février 1918. Un convoi de prisonniers arrive d’Allemagne et pénètre en Gare. A son bord, un homme hagard, broyé par les orages d’acier de la Grande Guerre, ne se souvient de rien. Il lui est impossible de parler distinctement. Le pourrait-il qu’il serait incapable d’expliquer sa présence. Les autorités ne parviennent pas davantage à l’identifier.

L’histoire terrible de cet homme a été racontée par Jean-Yves LE NAOUR dans un livre passionnant, Le soldat inconnu vivant (Hachette, 2002).

Plusieurs centaines de milliers d’hommes ont disparu lors du 1er conflit mondial. A la lecture de l’ouvrage, on mesure le traumatisme de toutes ces familles qui espéraient, chaque jour, le retour du fils, du mari, du frère…En l’occurrence, pas moins de 300 familles ont cru reconnaître l’intéressé. Certaines s’en sont même persuadées, allant jusqu’à saisir la Justice.

Les mentions de décès figurent en marge des actes de naissance depuis 1945. Pour autant, encore aujourd’hui, combien de personnes décèdent dans l’anonymat ? Combien de corps ne sont jamais identifiés ?

L’enquête menée par l’Administration à partir de 1922 pour retrouver la famille de ce soldat emprunte à plus d’un titre aux moyens mis en œuvre par les Généalogistes successoraux pour identifier ou localiser une personne.

Chaque année, les Généalogistes successoraux sont contraints de rendre un certificat dit « de vaines recherches » dans un nombre certes limité de dossiers. Pour ces passionnés, cette conclusion sonne comme un échec. Pourtant, tous les moyens ont été mis en œuvre et des frais importants resteront à la charge du Professionnel.

De même, beaucoup de Généalogistes amateurs confient perdre un de leurs ancêtres ou parents dans leur Généalogie. Que sont-ils devenus ? La quête peut être longue et parfois ne jamais aboutir. Il restera toujours des énigmes. Ces mystères font aussi le charme de la Généalogie.

Notre soldat inconnu vivant, lui, a bien été identifié. En 1938, au terme de plusieurs années de recherches et grâce à la pugnacité de quelques hommes. Il s’est éteint le 10 septembre 1942. Il s’appelait Octave Monjoin.

Cédric DOLAIN
Président de la Chambre des Généalogistes Professionnels (CGP)
Généalogiste successoral
Cabinet DNGS – www.dngs.fr

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